Initiative « Une école, une compostière » : Une synergie forte entre la DREPPNF-Est, la DPEPPNF et ANSD pour le suivi des jardins scolaires

Les 28 et 29 mai 2026, une équipe conjointe de la DREPPNF-Est, de la DPEPPNF et de l’Association Nourrir Sans Détruire (ANSD) a mené une mission de suivi sur le terrain. Cette sortie, qui a couvert plusieurs écoles des communes de Tibga, Diabo, Diapangou et Fada N’Gourma, a permis de constater les progrès des jardins scolaires, de valoriser la maîtrise technique des élèves et de planifier les futurs appuis pour consolider le projet.

Le suivi de terrain au cœur du partenariat et de la réussite

Pour ANSD et les autorités éducatives de la région et de la province, ce suivi conjoint est essentiel. Mettre en place des jardins scolaires et produire du compost demande un apprentissage continu. Cette démarche montre la collaboration directe entre l’administration régionale, provinciale et ANSD pour offrir aux élèves un cadre d’apprentissage pratique et améliorer la dotation des cantines scolaires.
La mission s’est rendue dans les établissements suivants :
À Tibga : l’école de Yenhama
À Diabo : l’école de Nabisrabogo
À Diapangou : les écoles de Litiayeli et Outandeni
À Fada N’Gourma : les écoles de Sarbongou E, du Secteur 3 B et du Secteur 11 B
Une intégration réussie dans les programmes scolaires
Loin d’être une simple activité secondaire, le projet s’est parfaitement intégré à la vie des établissements. Pour les enseignants, ces espaces de production sont devenus des supports de cours indispensables.

Madame TAPSOBO/ZAPSONRE Pascaline, Directrice de l’école Sarbongou E de Fada :
« Le jardin scolaire est un excellent outil pour nos cours. Avant, les leçons sur la vie des plantes ou la nature restaient très théoriques sur le tableau. Aujourd’hui, le jardin sert de terrain pour la pratique. Les élèves appliquent ce qu’ils apprennent en classe : ils touchent la terre, ils observent l’évolution. Cela rend l’enseignement beaucoup plus concret et intéressant pour eux. »

Des élèves appliqués et une excellente maîtrise des techniques

Sur le terrain, les visites ont clairement démontré que les élèves ont bien suivi les formations. Ils ne se contentent pas d’exécuter des tâches, ils maîtrisent parfaitement les gestes et les étapes de l’agroécologie.

L’enthousiasme des enfants face à ces pratiques a été un des points marquants de la mission :
Mme KANTAGBA Maimouna, animatrice ANSD :
« Les techniques de base sont acquises et le compost se forme bien. Ce qui est encourageant, c’est que les enfants ont pris beaucoup de plaisir pendant les formations. Ils se sont impliqués à fond, avec beaucoup de curiosité. »

Cette excellente assimilation des connaissances s’est vérifiée lorsque les élèves ont expliqué eux-mêmes, la recette du compostage :
Emmanuel, élève :
« Pour faire le compost, on a creusé d’abord une fosse. Ensuite, on a arrosé la fosse, on a mis de la cendre, de l’herbe et du fumier. On a encore arrosé, et on a remis de la cendre, de l’herbe et du fumier. »

Au-delà de la théorie, c’est une véritable routine éco-citoyenne qui s’est installée dans le quotidien des enfants, qui s’organisent rigoureusement pour entretenir leurs parcelles :
Faycal, élève :
« Le matin quand nous venons à l’école, nous arrosons le jardin avant de rentrer en classe. Le soir, avant de rentrer à la maison, nous arrosons une fois de plus. Puis, nous vérifions le tas de compost : si le compost est sec, nous arrosons le tas de compost également. »

Des productions concrètes malgré les difficultés du terrain
Le résultat de cet engagement est bien visible : la verdure gagne du terrain et les premières récoltes de légumes frais approvisionnent déjà les marmites. À l’école de Yenhama, la production génère même des ressources

Une troisième élève interrogée :
« Nous avons utilisé une partie des produits du jardin pour préparer à manger à la cantine, et nous avons vendu une autre partie. »

Cependant, la mission a constaté que le niveau d’avancement varie selon les écoles. Des difficultés communes freinent parfois l’élan des cultures, notamment l’insuffisance d’eau dans certains tas de compost, l’étroitesse des espaces, le besoin d’un meilleur concassage de la bouse de vache pour optimiser l’arrosage du compost, et les attaques de parasites sur l’amarante.
Les autorités éducatives ont tenu à situer le contexte de ces écarts tout en saluant les efforts fournis :
Mme, GOUBGOU/NIKIEMA Marie Angèle, Représentante des structures éducatives (DREPPNF-Est / DPEPPNF) :
« Cette sortie conjointe nous permet de voir la réalité de nos écoles. D’un site à l’autre, certaines écoles sont plus en avance que d’autres, et cela est dû au retard dans l’acquisition du matériel et au démarrage tardif dans certains établissements. Mais malgré les difficultés rencontrées, nous avons vu de bonnes productions dans l’ensemble. Cela témoigne de la forte motivation des acteurs sur le terrain. Notre synergie tripartite avec ANSD va nous permettre d’identifier précisément les manques pour planifier ensemble les solutions adaptées. »

Perspectives et prochaines étapes
Les difficultés identifiées tracent la feuille de route des futures interventions de ANSD et de ses partenaires éducatifs. Pour soutenir les écoles et rattraper les retards de démarrage, plusieurs actions prioritaires sont programmées :

  • La planification d’une dotation complémentaire en matériel (notamment des arrosoirs, des tuyaux et des piquets de clôture).
  • Le renforcement des conseils pratiques sur l’entretien des plantes et la préparation de la bouse de vache.
  • L’organisation future de formations sur la fabrication de biopesticides locaux afin de permettre aux écoles de protéger elles-mêmes leurs cultures contre les insectes.

En liant l’encadrement technique aux réalités du terrain et en s’appuyant sur la formidable motivation des élèves, ANSD, la DREPPNF-Est et la DPEPPNF réaffirment leur engagement à construire, pas à pas, l’autonomie nutritionnelle des écoles de la région.